Aout 2008-Travailler plus ...

Le Parlement a adopté une loi inacceptable d’allongement et de déréglementation du temps de travail. La volonté du gouvernement de faire passer cette loi en catimini au cœur de l’été n’a pas empêché les cadres et les techniciens de manifester leur opposition avec le rassemblement de plus d’un milllier d’entre eux, le 23 juillet, à l’appel convergent de l’Ugict-CGT et de la CFE-CGC.
Le texte de loi adopté s’oppose aux aspirationsdes cadres et des techniciens.
• Le temps de travail sans limites percute de plein fouet la recherche d’un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
• Alors même que l’encadrement fait le constat des effets pervers de l’individualisation, celle-ci imprègne tout le texte de loi.
• Le surtravail comme seule perspective offerte constitue une grave menace pour le niveau des salaires en contournant le besoin de reconnaissance et de paiement de la qualification.
• Allonger le temps de travail de l’encadrement relève de l’indécence, au moment même où les exemples d’atteintes à la santé et de suicides se multiplient.
• Alors que l’égalité professionnelle est loin d’être réalisée, cette extension du temps de travail sera un facteur aggravant de discrimination pour les femmes.
• Pressurer encore plus les cadres et les techniciens, c’est fermer autant de portes à l’embauche de jeunes diplômés. Véritable non-sens économique et social. Cela renforce la conviction de la Cgt des cadres et des technicien(ne)s de l’urgence d’un autre mode de management.
Autonomie ? L’alibi était presque parfait
Le forfait-jour, qui ne concernait initialement que « certains cadres », est ouvert désormais à tous les salariés, ayant ou non le statut cadre, qui seront considérés par leur employeur comme autonomes, c’est-à-dire disposant « d’une réelle autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps » (article17 de la loi).
235 jours ?
365 jours – 104 jours (samedis et dimanches) – 25 jours (congés ouvrés) – 1er Mai = 235 jours
Finis les jours RTT et les jours fériés. C’est ce que permettrait l’amendement UMP adopté par l’Assemblée nationale le 10 juillet portant de 218 à 235 jours le seuil maximal de jours de travail par an, pour les salariés au forfait.
Le texte permet d’imposer 282 jours de travail.Envisagez-vous de vivre comme cela ?
282 jours = 365 jours – 24 jours ouvrables (4 semaines de congés payés) – 7 week-ends – 45 dimanches
Cela signifie :
• la suppression de la 5e semaine
• 41 samedis travaillés.
