Septembre 2008, la rentrée des casses
le 29 juillet, ENCORE UN PLAN SECU
D’un montant de 4 milliards, ce plan répond une nouvelle fois aux injonctions de la Commission européenne qui, le 28 mai dernier, dans une communication spéciale adressée au gouvernement français, avait exigé de « renforcer le rythme de l’ajustement budgétaire » et de « rationaliser le système de Sécurité sociale, en particulier des soins de santé ».Le ministre du Budget prétend qu’« aucune de nos mesures ne porte sur les assurés ». Mais l’examen de ce plan démontre qu’il s’agit de faire supporter aux malades deux milliards d’euros supplémentaires de déremboursements et de restrictions de soinsLe gouvernement annonce en effet une nouvelle diminution des remboursements versés par le régime général, qu’il s’agisse des médicaments ou des soins médicaux ; il accélère le rythme des « restructurations » hospitalières (illustré notamment par le démembrement projeté de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris) ; il voudrait dicter aux médecins une liste de traitements qualifiés d’« inutiles ».La remise en cause annoncée du remboursement à 100 % des traitements médicaux par le régime général pour les malades atteint d’affections de longue durée (ALD) avait suscité une légitime indignation. Le gouvernement prétend qu’il n’aurait finalement «pas retenu » une telle mesure. Mais selon la presse, « les complémentaires » (qui pour l'Union européenne doivent toutes devenir des assurances privées) « seront associées à la définition d’un meilleur suivi des personnes atteintes d’ALD ». Les assurances privées auraient même « accès aux données de remboursement une fois celles-ci anonymisées ». Autant de mesures qu’elles « réclament depuis des lustres » !Le gouvernement entend ainsi, selon ses propres mots, sceller un « nouveau partenariat » avec les assurances privées sur les décombres de la Sécurité sociale de 1945.… ET LA POSTE
Le nom officiel donné aux mesures du gouvernement et des patrons est souvent à l'exact opposé de leur contenu réel. Combien de travailleurs ont été licenciés dans ce pays au nom de « plans de sauvegarde de l'emploi » ?II en va également ainsi du «contrat de service public» signé entre la direction de La Poste et l'État, le 22 juillet: il prépare en réalité un véritable basculement vers la privatisation et le démembrement du service public. II suit l'annonce, par la direction de l'entreprise, du projet de transformation en société anonyme prévu pour l'an prochain. Selon la presse, la Banque Rothschild a été chargée de piloter l'introduction en Bourse.Fini, le prix unique du timbre sur tout le territoire de la République! Aux oubliettes, les bureaux de poste, avec leurs agents fonctionnaires assermentés, garants de la neutralité du service public! C'est ce que prévoit en tout cas explicitement ce « contrat ».L'Union européenne, depuis la première directive postale de décembre 1997, a décidé de Mettre fin à tout monopole public postal, qui devrait être entièrement anéanti le 31 décembre 2010. Dès lors, sur le plan politique, est-il concevable de prétendre défendre La Poste et s'opposer à sa privatisation sans exiger le retour au monopole public ? Certes, la première directive européenne postale date du gouvernement Jospin de « gauche plurielle ». Mais est-ce une raison pour ne pas combattre pour son abrogation ?
