La sureté nucleaire est l'affaire de tous ses salariés

La CGTprend acte de la saisine de l’ASN par le Premier Ministre afin de réaliser une « étude de la sûreté des installations nucléaires ». La CGT prend également acte de la saisine du HCTISN par les ministres de l’Ecologie et de l’industrie afin d’associer le Haut Comité à chaque étape de cette étude.

 

Les interrogations actuelles sur la sûreté des installations nucléaires en France, suite à la catastrophe de FUKUSHIMA, sont légitimes et la CGT approuve la tenue d’un débat pluraliste sur une analyse en profondeur de tous les facteurs caractérisant une sûreté nucléaire sans faille.

Cela signifie qu’une telle étude doit porter nécessairement sur TOUTES les installations nucléaires (INB), y compris militaires (INBS) sans se limiter aux seules centrales nucléaires.

Cela doit conduire à un engagement préalable de l’Etat afin de garantir les « mises à niveau » qui s’avèreraient ensuite nécessaires dans toutes les installations dont il a la responsabilité (CEA, AREVA, ministère de la défense).

 

Mais cela signifie surtout que ces études ne se limitent pas aux seuls aspects techniques évoqués dans la lettre du Premier Ministre portant sur les risques sismiques, d’inondation, de perte de refroidissement, d’alimentation électrique et de gestion opérationnelle des situations accidentelles. Elle doit aussi inclure les conséquences du vieillissement des installations, l’obsolescence de certains matériels, la problématique du renouvellement des composants, pièces de rechanges etc.

 

Mais la sûreté nucléaire ne se limite pas aux seuls aspects techniques :

Les dimensions sociales, organisationnelles et humaines sont toutes aussi importantes que les approches probabilistes, les aspects techniques et les procédures d’exploitation.

Ces dimensions concernent les contraintes organisationnelles issues de la recherche de réduction des coûts d’exploitation ; le recours à la sous-traitance y compris sur les activités importantes pour la sûreté et qui, par les contraintes sociales qu’elle implique, fragilise la sûreté ; la fragilisation des collectifs de travail et donc les coopérations du travail qui sont un des éléments fondamentaux de la culture sûreté ; les pressions temporelles, les injonctions contradictoires entre impératif de sûreté et impératif de production qui placent les personnels dans des situations psychiquement délétères ; des organisations du travail et une charge prescriptive croissante qui ignorent les contraintes réelles du travail ; l’absence de reconnaissance sur la contribution réelle du travail pour atteindre les objectifs de production en garantissant les impératifs de sûreté conduisant à un sentiment profond d’injustice ; des garanties sociales sans cesse tirées vers le bas qui dégradent les conditions de vie et provoquent le désengagement professionnel etc.

 

Un audit général sur la sûreté nucléaire qui n’analyserait pas toutes ces dimensions ne saurait répondre aux interrogations actuelles des populations et des travailleurs du nucléaire. De plus il conduirait à un renforcement des contraintes sociales et humaines précédemment décrites en fragilisant davantage ces caractéristiques essentielles de la sûreté nucléaire.

 

Par conséquent, une telle étude ne doit pas se limiter à une analyse de réponses à des questions posées par l’ASN. Elle doit inclure des analyses sur le terrain et notamment comprendre des auditions de tous les CHSCT.


Les réactions

Avatar Monte

I shall let you know how the translation is. Heh, glad to hear it. Southern France ineastd of rainy London Yeah, I can see why that could have been worse. Now, I hope that the forum will be a bit more lively again. It has been quiet for quite a while but with Havoc's release people should start posting again. b0~b0

Le 14-06-2012 à 05:44:31

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